Cet après-midi, je commence la chimio, autrement dit c'est le début des hostilités pour moi. A ce que j'ai crû comprendre, logiquement on commence par l'opération puis on fait la chimio, mais dans mon cas, lorsque la tumeur est à un stade 3 (soit plus de 2cm de diamètre, il faut d'abord faire réduire la tumeur (enfin les tumeurs pour moi, puisqu'il y en a deux, sur le même sein, séparées d'environ 3cm) avant de pouvoir opérer. D'un côté, je ne suis pas mécontente, car si j'ai l'impression d'être prise dans un tourbilon cauchemardesque depuis les 10 jours que je connais le diagostic, je n'ose imaginer la violence que cela aurait été d'avoir à rajouter au milieu de tout cela l'opération avec l'ablation du sein. Tout va déjà très très vite, mais au moins j'ai le temps de me préparer psychologiquement à l'opération, qui aura normalement lieu fin juillet-début août (soit dans très peu de temps quand même, mais au moins nous avons le temps de nous organiser, pour les filles et tout).

Cet après-midi, je saurai enfin ce que c'est qu'une chimio, ce que ça fait. Les effets secondaires m'inquiètent beaucoup, j'ai peur de la douleur. Pas peur des piqûres non, ni d'avoir des nausées ou d'être fatiguée...Ca je saurai gérer, je sais ce que c'est . Mais peut-être y-a-t'il d'autres douleurs, moins facilement gérables ? Genre neuroleptiques. Peut-être pas. On verra ce soir déjà dans quel état je serai.

Ce soir je saurai vraiment ce que c'est que d'avoir un cancer. Parce que jusqu'ici ça se limite à une floppée de rendez-vous médicaux (pour faire le check-up complet de mon état), beaucoup de cadeaux et d'attentions autour de moi, une nouvelle coupe de cheveux toute courte qui me fait resembler à Cristina Cordula (la meuf de M6!!) quand je mets des grosses créoles, et une vision de l'avenir proche très floue. Alors bien sûr j'ai un bon mental!
Pour le reste, je sais toujours pas ce que c'est. Comment je vais appréhender tout ça, comment je vais morfler ma race.

L'IRM, certes c'est impressionnant : tu te retrouves nue sanglée sur une table dans un tube, avec une perf d'iode dans  le bras, et tu dois pas bouger pendant une dizaine de minutes. Mais c'est pas douloureux.
Le scanner, c'est pas génial non plus, mais pas plus douloureux.
L'échocardiographie et les prises de sang : Guinguette!
La première réelle épreuve réelle a été la pause du port-à-cathéter, consistant à une opération en bloc opératoire sous anesthésie locale. Ce boitier servira à poser la perfusion pour ls chimios, pur évitr d'avoir à me mutiler les bras. Sous ma tente de papiers stériles (comme dans Greys), je n'a rien vu du petit boitier que l'on a inséré sous ma peau, au niveau de l'aisselle droite, j'ai juste senti qu'on me manipulait avec vigueur. J'aurai pû voir quelques étoiles ou détester subir cela, mais ça a été une expérience que j'ai trouvé "marrante". En plus figurez-vous, truc de ouf : j'ai la même cicatrice que Kylie Minogue (dans le pli du bras, pour une esthétique maximum!). Si c'est pas la classe internationale ça !!
Et si Kylie est passée à travers tout ça, si aujourd'hui elle est plus rayonnante que jamais, j'y arriverai aussi.
Pour l'instant, je me sens invincible, je ne veux même pas mettre de patch anesthésiant sur la chambre implantable (=le port-à-cath, que j'ai appelé "Pataugas " les trois premiers jours tant le nom me paraissait barbare ! Des fois chu neuneu hein !), parce que la douleur de la perf, de l'aiguille, ça, ça me fait pas du tout peur.
Cet après-midi, j'irai faire ma première séance de chimio, mn homme m'accompagnera, mais il ne sera pas le seul. Je sais qu'il y a tant de monde qui me porte, vous, mes amis, ma famille. Vous n'aurez qu'à entonner l'air de "Fuck You" de Lily Allen, qui est un peu ma chanson phare (celle que j'ai entonné mon dernier jours de travail avant de quitter ma putain de boite d'archi en juin 2009) pour vous adresser un peu plus directement à mn invité surprise. Si vous chantez faux, allez-y gaiement, cela l'effrayera peut-être tellement qu'il fuiera de lui-même (ce qui serait une avancée considérable dans la recherche contre le cancer!!) J'irai aussi bardée de grigris et autres doudous réconfortants,un Ipad et mon projet de crochet en cours.
Peut-petre que ce soir je serai étonnée de me sentir pas trop mal. Peut-être que je resterai allongée trois jours d'affilée en chialant sur mon sort.
je n'en sais rien, c'est ça qui est le plus effrayant au final. Mais ce soir, ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura plus que 5 chimios à subir et que nous pourrons d'ores et déjà découper le 1/6ème du dessin des monstres de mes filles.Alors c'est quand même une bonne nouvelle.

Et comme j'ai pû le lire dans les commentaires du billet précédent, un petit dicton anglais que j'ai adoré , et que jeme répèterai dans un coin de ma tête quand ça ira pas :

NO RAIN
NO RAINBOW